GABORONE, Botswana — Le carthame, autrefois négligé par de nombreux agriculteurs, émerge comme une culture potentiellement transformatrice au Botswana, offrant aux petits producteurs une voie résiliente au climat pour améliorer la sécurité alimentaire et générer des revenus. Selon un rapport de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), le carthame est tolérant à la sécheresse et bien adapté au climat semi-aride du Botswana, ce qui en fait une option attrayante pour les agriculteurs confrontés à des précipitations irrégulières.
Le gouvernement du Botswana, par l'intermédiaire du ministère de l'Agriculture, a lancé des programmes pour promouvoir la culture du carthame. En 2025, le ministère a distribué des semences de carthame aux petits exploitants des districts central et de Kgatleng dans le cadre d'un projet pilote. Le projet vise à évaluer la viabilité de la culture et à encourager son adoption chez les agriculteurs qui dépendent traditionnellement du sorgho et du maïs.
Les premiers résultats sont prometteurs. Un essai au champ mené en 2025 par l'Université d'agriculture et de ressources naturelles du Botswana (BUAN) a montré que les rendements de carthame atteignaient en moyenne 1,2 tonne par hectare en conditions sèches, contre 0,8 tonne pour le sorgho. L'huile de carthame, riche en acide linoléique, a un potentiel à la fois pour la consommation domestique et l'exportation, et le Bureau des normes du Botswana élabore des normes de qualité pour cette huile.
Malgré ce potentiel, des défis subsistent. Les agriculteurs ont besoin d'accès à des installations de transformation et à des marchés. Le gouvernement collabore avec des partenaires du secteur privé pour établir une usine de transformation d'huile de carthame à Francistown, dont l'ouverture est prévue pour 2027. Cette usine fournirait un marché prêt aux agriculteurs et réduirait les pertes après récolte.
Alors que le Botswana cherche à diversifier son secteur agricole et à réduire ses importations alimentaires, le carthame représente une opportunité stratégique. Avec un soutien et des investissements continus, il pourrait devenir une culture de base pour les petits exploitants, renforçant leur résilience au changement climatique et améliorant les moyens de subsistance ruraux.