Un nouvel essai randomisé remet en question les conseils de longue date selon lesquels les patients atteints de fibrillation atriale (FA) devraient éviter la caféine. L'essai DECAF, présenté au congrès de la Société européenne de cardiologie 2026, a révélé qu'une consommation modérée de café n'augmentait pas le risque de récidive de FA et était même associée à moins de récidives cliniquement détectées.
L'étude, menée par des chercheurs de l'Université de Bologne, a recruté 200 patients atteints de FA symptomatique qui consommaient au moins une tasse de café par jour. La moitié a été randomisée pour continuer à boire du café, tandis que l'autre moitié a été conseillée de s'abstenir. Après six mois, le groupe café présentait un taux de récidive de FA significativement plus faible (19,6 %) par rapport au groupe d'abstention (28,5 %).
Le Dr Giuseppe Boriani, auteur principal, a déclaré : « Nos résultats suggèrent qu'une interdiction totale du café n'est pas justifiée pour la plupart des patients atteints de FA. Une consommation modérée semble sûre et pourrait même être bénéfique. » Les chercheurs ont noté que le mécanisme est incertain, mais pourrait impliquer les effets de la caféine sur les récepteurs de l'adénosine ou une amélioration du tonus autonome.
Ces résultats contredisent des études observationnelles antérieures qui associaient la caféine à des arythmies. Cependant, les experts avertissent que les réponses individuelles varient et que les patients devraient consulter leur médecin avant de modifier leurs habitudes de café. L'essai a été financé par le ministère italien de la Santé.