Une étude internationale récente met en lumière le fardeau économique important de la dépression au Maroc, au-delà de son impact sanitaire. La recherche, menée par la Commission Lancet sur la santé mentale mondiale, estime que les troubles dépressifs et anxieux coûtent à l'économie mondiale 1 000 milliards de dollars par an en perte de productivité. Pour le Maroc, cela se traduit par des milliards de dirhams perdus chaque année en raison d'une participation réduite au marché du travail et d'une baisse de productivité.
L'étude souligne que les troubles de santé mentale sont l'une des principales causes d'incapacité dans le monde, affectant la capacité des individus à travailler et à contribuer à la croissance économique. Au Maroc, la prévalence de la dépression est estimée à environ 5,2 % de la population, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cela signifie que plus de 1,8 million de Marocains sont touchés, dont beaucoup ne reçoivent pas de traitement adéquat.
Les experts soutiennent qu'investir dans les soins de santé mentale est non seulement un impératif moral, mais aussi économique. La Commission Lancet recommande d'étendre les interventions fondées sur des preuves, telles que la thérapie cognitivo-comportementale et les médicaments antidépresseurs, qui se sont avérées rentables. Au Maroc, le gouvernement a pris des mesures pour intégrer la santé mentale dans les soins primaires, mais le financement reste limité, avec moins de 1 % du budget de la santé alloué à la santé mentale.
L'argument économique en faveur de l'action est clair : pour chaque dollar investi dans l'extension du traitement de la dépression et de l'anxiété, il y a un retour de 4 dollars en amélioration de la santé et de la productivité, selon le Programme d'action pour combler les lacunes en santé mentale de l'OMS. Alors que le Maroc continue de se développer, la prise en charge de la santé mentale est cruciale pour une croissance économique durable et le bien-être de ses citoyens.