À l'approche des élections générales kényanes de 2027, les dirigeants politiques recourent de plus en plus à la mobilisation ethnique pour consolider leurs bases de soutien, une tactique qui reflète une tendance mondiale plus large de politique identitaire. Selon une analyse récente, les politiciens du monde entier exploitent les divisions culturelles et ethniques pour créer des « communautés de siège mental » mobilisables à des fins électorales, conduisant souvent à des politiques qui profitent aux élites au détriment de la population.
Au Kenya, l'ethnicité a longtemps été un facteur important en politique, les partis s'alignant souvent sur des lignes ethniques. Les prochaines élections ont vu une résurgence de ce discours, les dirigeants cherchant à sécuriser leurs bastions ethniques. Cette stratégie, bien qu'efficace à court terme, risque d'aggraver les divisions sociétales et de saper la cohésion nationale, préviennent les experts.
Le phénomène n'est pas unique au Kenya. Des États-Unis à l'Europe et à l'Asie, les politiciens utilisent de plus en plus la politique identitaire pour rallier leurs bases. Cette approche consiste souvent à présenter les luttes politiques comme des batailles existentielles, ce qui peut conduire à la polarisation et à une rupture du discours démocratique. Les analystes notent que ces tactiques sont souvent utilisées pour détourner l'attention des échecs de gouvernance et des inégalités économiques.
Au Kenya, les conséquences de la politique ethnique ont été historiquement graves, notamment les violences post-électorales de 2007-08 qui ont fait plus de 1 000 morts. Bien que le pays ait fait des progrès en matière de réformes électorales, la persistance du discours ethnique reste une préoccupation pour les groupes de la société civile et les observateurs internationaux. Ils appellent à un passage à une politique fondée sur les questions qui répondent aux besoins de tous les citoyens, indépendamment de leur origine ethnique.