Un ancien officier de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) du Maroc s'est présenté comme lanceur d'alerte, affirmant que l'agence de renseignement s'est livrée à une acquisition massive et incontrôlée d'outils de surveillance, dont le logiciel espion Pegasus développé par la société israélienne NSO Group. Le témoignage, rapporté par plusieurs médias le 15 juillet 2026, allègue que ces outils ont été utilisés pour surveiller des journalistes, des militants des droits de l'homme et des opposants politiques, tant au niveau national qu'à l'étranger.
Le lanceur d'alerte, dont l'identité a été protégée pour des raisons de sécurité, a déclaré que les achats ont été effectués sans contrôle adéquat et que les opérations de surveillance violaient les lois marocaines et internationales. Selon des documents examinés par la presse, la DGST a dépensé des dizaines de millions de dollars en logiciels espions et autres équipements de surveillance numérique entre 2020 et 2025, avec la connaissance de hauts responsables gouvernementaux.
Cette révélation survient dans un contexte de scrutiny international accru des pratiques de surveillance du Maroc. En 2021, le Pegasus Project avait déjà lié les autorités marocaines au piratage de téléphones de journalistes et de militants. Le nouveau témoignage fournit des preuves supplémentaires d'un schéma systématique, le lanceur d'alerte affirmant que la surveillance ne se limitait pas aux menaces à la sécurité nationale mais s'étendait à la répression de la dissidence.
Des organisations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International et Reporters sans frontières, ont appelé à une enquête indépendante sur ces allégations. Le gouvernement marocain n'a pas encore répondu officiellement aux dernières accusations, mais par le passé, il a nié toute implication dans une surveillance illégale, affirmant que ses services de sécurité opèrent dans le cadre de la loi.
Cette affaire relance les débats sur le commerce mondial des technologies de surveillance et la nécessité de réglementations plus strictes pour prévenir les violations des droits de l'homme. Au 16 juillet 2026, aucune accusation formelle n'a été déposée, mais le récit du lanceur d'alerte devrait alimenter de nouvelles demandes de responsabilité au Maroc et au-delà.