BANGKOK : La Thaïlande mène une pression diplomatique en Asie du Sud-Est, exigeant que la junte militaire du Myanmar accorde à l'envoyé spécial de l'ASEAN un accès direct et en personne à la leader pro-démocratie détenue Aung San Suu Kyi, selon des sources proches des discussions.
Cette demande a été soulevée lors de récentes réunions de l'ASEAN, les responsables thaïlandais soulignant que les tentatives précédentes de dialogue ont été insuffisantes. La junte a systématiquement refusé les demandes de rencontres directes, invoquant les procédures judiciaires en cours contre Suu Kyi, détenue depuis le coup d'État de février 2021.
L'envoyé spécial de l'ASEAN, actuellement Alounkeo Kittikhoun du Laos, a rencontré des obstacles pour dialoguer avec toutes les parties prenantes du conflit au Myanmar. Le consensus en cinq points du bloc, convenu en 2021, appelle à un dialogue constructif mais a connu peu de progrès.
La démarche de la Thaïlande intervient dans un contexte de frustration croissante au sein de l'ASEAN face au refus de la junte de se conformer au consensus. Les pays voisins ont également exprimé leur inquiétude face à la crise humanitaire et à l'instabilité le long des frontières du Myanmar.
Le gouvernement militaire du Myanmar n'a pas officiellement répondu à cette dernière demande. Suu Kyi, 81 ans, purge une peine de 27 ans de prison pour des accusations largement considérées comme motivées politiquement.